Les données privées de millions d’internautes européens ont été accessibles pendant plusieurs semaines sur différents sites pornographiques.

Les données privées que l’on consent à laisser sur les sites que nous visitons et utilisons sont parfois des données sensibles, a fortiori quand il s’agit de sites pour adultes. Après l’affaire 3Fun, qui avait déjà défrayé la petite chronique presque quotidienne des fuites de données, c’est aujourd’hui un réseau de sites espagnols de « camgirls » qui fait la une.

Plusieurs sites populaires ont exposé des millions de professionnel(le)s du sexe et d’utilisateurs après que l’entreprise qui gère les sites ait laissé une base de données non protégée. Les sites, gérés par VTS Media, basé à Barcelone, comprennent amateur.tv, webcampornoxxx.net, et placercams.com. La plupart des utilisateurs des sites sont basés en Espagne et en Europe, même si selon nos confrères de TechCrunch, il y aurait des utilisateurs dans le monde entier, le sexe n’ayant pas vraiment de frontières.

La base de données, qui contient des mois d’enregistrements quotidiens des activités du site, a été laissée sans mot de passe pendant des semaines. Les journaux comprenaient des enregistrements détaillés du moment où les utilisateurs se sont connectés, y compris les noms d’utilisateurs et parfois leurs adresses IP. Les journaux comprenaient également les messages privés des utilisateurs entre eux, ainsi que les courriels promotionnels qu’ils recevaient des divers sites. Les journaux comprenaient même des tentatives de connexion échouées, stockant les noms d’utilisateur et les mots de passe en texte clair.

Les données exposées ont également révélé quelles vidéos les utilisateurs regardaient et louaient, exposant les préférences sexuelles privées. Les journaux étaient suffisamment détaillés pour voir quels utilisateurs se connectaient, d’où, et souvent leurs adresses email ou d’autres informations identifiables – que dans certains cas, nous pouvions faire correspondre à des identités réelles.

Les données des utilisateurs et les camgirls exposées

Non seulement les utilisateurs ont été affectés, mais les « camgirls » – qui diffusent du contenu à caractère sexuel en direct via webcam à l’intention des internautes abonnés à ces sites – ont également vu certaines des informations de leur compte exposées.

La base de données a été fermée la semaine dernière. Il ne s’agit pas d’une petite affaire car selon le classement Alexa du trafic, amateur.tv est l’un des sites les plus populaires en Espagne.

Selon des chercheurs de Condition:Black, une entreprise de cybersécurité et de liberté sur Internet, « Il s’agit d’un grave échec du point de vue technique et de la conformité. Après avoir examiné la politique de confidentialité des données et les conditions générales des sites, il est clair que les utilisateurs n’avaient probablement aucune idée que leurs activités étaient surveillées à ce niveau de détail. Les utilisateurs devraient toujours prendre en considération les implications de leurs fuites de données, mais en particulier là où elles pourraient avoir des répercussions sur la vie des gens ».

L’exposition aux données – où les entreprises laissent par inadvertance leurs propres systèmes ouverts à tous – est devenue de plus en plus courante ces dernières années. Les sites de rencontre sont parmi ceux qui contiennent les données les plus sensibles. Ces failles de sécurité peuvent être extrêmement préjudiciables à leurs utilisateurs, exposant les rencontres sexuelles privées et les préférences connues uniquement par les utilisateurs eux-mêmes.

Comme pour l’exposition de la base de données du service de rencontres de 3Fun, l’exposition du site de camgirl n’est pas seulement un risque potentiel pour la sécurité. Les habitudes d’écoute pourraient être utilisées pour faire chanter les gens qui craignent que soient révélées leurs préférences sexuelles. Un problème d’autant plus préoccupant quand l’on sait que les victimes de ce genre de défaillance ou d’abus portent rarement plainte car ils ne souhaitent pas dévoiler au grand jour leur activité intime sur internet.

Source: Presse-Citron