L’usage des réseaux sociaux et la télévision seraient liés à une augmentation des symptômes de dépression.

Les ados comparent leur vie à celles qu’ils voient sur les réseaux sociaux

Selon une étude publiée par une équipe de chercheurs et menée par une professeure en psychiatrie de l’Université de Montréal, Patricia Conrod, les plateformes de réseaux sociaux comme Instagram, et la télévision, sont plus que d’autres médias sources de dépression chez l’adolescent.

Principale cause : les images qu’il y rencontre, destinées selon les chercheurs à promouvoir l’élévation sociale de leurs auteurs, provoquent chez l’ado une logique de comparaison réduisant son estime de lui-même.

Les chercheurs ont analysé les réseaux sociaux et la télévision comme des formes de médias qui exposent plus fréquemment l’adolescent à des images d’autres personnes évoluant dans des vies perçues comme plus accomplies que la sienne.

Plus nocif encore, les chercheurs ont constaté que le fil d’actu avait la capacité d’alimenter « en spirale », de façon continuelle, la dépression du fait de la répétition de ces images stéréotypées « faisant écho » à leur mal-être.

À l’inverse, les jeux vidéo réduisent l’isolement

Fait relativement étonnant, l’étude a constaté que les jeux vidéo, qui génèrent moins ce type de projections, n’étaient pas facteurs de dépression ou d’isolation, relevant même qu’ils contribuaient à rendre les sujets plus heureux. Les résultats montrent que 70% des gamers jouent avec d’autres personnes, en ligne ou à domicile. L’étude a été menée sur une période de 4 ans de 2012 à 2018 et un total de 3 826 adolescents de la 5e à la 1ère.

Les adolescents ont fait le rapport eux-mêmes du nombre d’heures passées sur les réseaux sociaux, les jeux vidéo et la télévision, ils ont ensuite complété des questionnaires conçus pour déceler des signes de dépression.

Responsabiliser les enfants pour réduire les risques ?

Les psychiatres avancent que les comportements des adolescents sur les réseaux sociaux devraient être guidés au cours de la scolarité. L’éducation devrait non seulement protéger de l’exposition passive mais également responsabiliser activement les enfants lorsqu’ils publient afin de leur permettre de distinguer les publications « saines » de celles qui peuvent blesser.

Pour les cas de dépressions, les chercheurs estiment que les réseaux sociaux et la télévision doivent en tous les cas être pris en compte, voire même régulés, dans la mise en place de mesures préventives.

Si l’impact des réseaux sociaux sur le moral a été constaté depuis quelques années, peu de recherches sérieuses ont été menées sur la cible des adolescents. Cette population, particulièrement exposée, est à l’origine d’une hausse des visites des urgences constatées par les psychiatres de l’hôpital de Montréal et ailleurs dans le monde.

Source: Blog du Moderateur