Et si les banques centrales nationales se mettaient aux crypto-monnaies ? C’est ce qu’a observé le Fonds monétaire international (FMI) : une quinzaine de banques centrales seraient, selon un rapport publié par l’organisme international en novembre 2018, en train de sérieusement réfléchir à créer leur propre monnaie numérique.  

Le FMI et les banques centrales rêvent de crypto-monnaies

“Est-ce que les banques doivent émettre une nouvelle forme numérique de monnaie ?” Au Fintech Festival de Singapour en novembre 2018, Christine Lagarde, présidente du FMI, s’interroge. Cette question, de nombreux États se la posent : Australie, Chine, Danemark, Norvège, Suède, Bahamas, Uruguay, Canada, Israël, Royaume-Uni… Au total, d’après un rapport du FMI, ce sont au moins quinze États qui envisagent développer leur propre crypto-monnaie.

NOUVEAUX USAGES, NOUVEAUX ACTEURS

Dans son discours, la présidente du FMI développe les raisons de cette possible révolution financière. “L’argent lui-même change”, observe-t-elle.

Ces changements, dit-elle, se concrétisent tout d’abord par la diminution de l’argent liquide dans les transactions. Arrivent ensuite les nouveaux moyens de paiement numériques – Google Pay, WeChat Pay, et tant d’autres – et les crypto-monnaies, “qui se réinventent dans l’espoir d’offrir une valeur plus stable et des règlements plus rapides, moins chers”.

En priorité, le rôle des banques centrales est de mettre en place “une vraie régulation de ces entités”, seule manière de donner confiance en ces monnaies, précise Christine Lagarde. Mais, s’interroge-t-elle, “devons-nous aller plus loin ? En plus de la régulation, est-ce que l’État doit rester un acteur actif dans le marché monétaire ? Ou doit-il remplir le vide laissé par la diminution du liquide ?”

SÉCURITÉ ET INCLUSION FINANCIÈRE

Les raisons de la création d’une monnaie virtuelle par les banques centrales seraient nombreuses, selon la présidente du fonds international. Elle permettrait d’abord une “inclusion financière”, que les crypto-monnaies sont en mesure d’apporter “grâce à leur capacité d’atteindre des personnes et des entreprises dans des régions lointaines et marginalisées”.

Aussi, l’usage de devises numériques par les banques centrales serait une promesse de sécurité et d’anonymat, une alternative à l’argent liquide bientôt disparu.

Pourtant, cette volonté qu’ont les banques centrales n’est pas sans risque pour l’équilibre financier ou la confidentialité. La présidente imagine un compromis dans lequel l’identité de l’utilisateur d’une telle monnaie resterait inconnue des tierces parties ou des gouvernements, “sauf exigence légale”. Ce système, selon Christine Lagarde, permettrait aux contrôles anti-blanchiment et anti-terrorisme de fonctionner en toile de fond. “Si une suspicion s’éveillait, il serait possible de lever le voile de l’anonymat et d’enquêter”.

PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ

Et si les banques centrales devenaient, en plus d’un régulateur du marché et d’un émetteur de monnaie, un service bancaire numérique ? Que deviendraient les banques traditionnelles et les fintech ?

“Les banques ne sont pas des spectateurs passifs. Ils peuvent rivaliser en proposant des taux d’intérêts plus haut et de meilleurs services”, balaie Christine Lagarde dans son discours. Elle propose aussi la possibilité d’un partenariat entre les banques centrales et le secteur privé, banques et autres institutions financières.

“Les banques centrales se concentrent sur leur avantage comparatif – la partie cachée du règlement – et les institutions financières et les startups sont libres de se concentrer sur ce qu’elles font le mieux, l’interface client et l’innovation. C’est le partenariat public-privé dans toute sa splendeur”, conclut la présidente du FMI.

Source : Usine Digitale

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